Habitation Furnémont-Stevens

à Warnant-Dreye

Article paru dans la Meuse : Article maison Villers-le-Bouillet

Site

Le désir de bâtir ensemble était bien là. Quitter la maison de Namur. Sombre. Mais pour aller où ? Pas facile. Trouver du plus ouvert certes, mais faire coïncider écoles, moyens de communication, vie de village et travail … Un soir un coup de frein, devant un petit terrain dans une rue peu fréquentée. Oublié des lotisseurs : trop difficile pour eux. Un talus de trois mètres, une pente de presque 20 %, une forme en triangle, accès difficile. Une aubaine pourtant à bien y regarder : exposition plein sud, très protégé au Nord, presqu’un microclimat, pas de vent, belle vue intime sur les champs et les éoliennes de Villers qui tournent lentement à l’horizon. On fonce.

Parti architectural

Le programme est classique. 4 chambres, Une bibliothèque, séjour, cuisine. Une seule demande : séparer relativement l’espace des enfants de celui des parents. Pour le reste, un questionnement éthique sur l’acte d’habiter et de construire faisaient partie du pari, déjà donc une proposition d’écologies. Une vraie démarche s’enclenche.

Celle-ci combine les fondamentaux du bioclimatisme jusque dans son plan : capter le soleil, isoler, stocker l’énergie. La maison s’encastre dans la pente et s’ouvre plein sud. Les chambres radicalement s’enroulent au Nord autour d’un vaste espace central, ouvert sur deux niveaux. Et puis comment accéder sans bousiller le talus ? C’est assez simple ; on oublie le projet du Car-Port. On montera à pied, en conservant le talus. La logique des circulations suit ; un couloir au nord, le premier retournement. On passe par derrière, presque dans la Terre, pour découvrir les lumières et le contact avec le paysage. L’escalier enroulera la montée à l’étage et fera la deuxième surprise en arrivant sur la mezzanine

Matières

Les maçonneries sont en terre cuite enduite de chaux. Le grand mur trombe plein sud a été rempli de terre par le maitre de l’ouvrage à la fin de sa journée au fur et à mesure de son élévation. Son inertie et le déphasage thermique est considérable. Bardage en Mélèze du pays. Châssis en Oregon. Tout est Bio. Pas un seul toxique. Des huiles naturelles, des peinture bio, plaque de fermacell…Les bois viennent d’ici et sont choisis par nous. Une exception, le plancher en Merbau du Salon, certifié, pour sa couleur. Toiture en zinc vu la pente… et que l’on aime cela.

Structure

La structure est une ossature poteaux poutres rayonnante. L’ossature bois est en Douglas des Ardennes belges : question posée à une fabrique de piquets de clôture pour chevaux à Vielsalm « quelle est le plus gros piquet de clôture que vous pouvez réaliser ? », et nous voilà parti. Une charpente économique au m3… les bois sont choisis par nous. L’ossature s’appuie sur un long mur retenant le Talus…le porte à faux laisse entrer une très légère lumière du Nord, au ras du sol, au ras des yeux,…

Ecologie(s) et Energie(s)

La maison est un exemple réussi d’une maison bioclimatique. A l’époque de la course à la performance et à la « passivité », il serait peut-être temps que cette attitude (car cela n’est ni un concept ni une quantité) soit requestionnée… A l’époque de la conception, en 2005, le K est de 33 ! La région demande 55. Pas si mal sans tricher déjà à l’époque, 25 cm d’isolant partout, et double vitrage très performant. Pas de quoi pavoiser par rapport à ce que l’on peut faire aujourd’hui. Mais le plan et la conception, dans son rapport ouverture au soleil, orientation, isolation et stockage fonctionne au-delà de toute attente … Un mémoire d’étudiant montra que le déphasage dû à l’inertie est de plus de trois à quatre mois…. Si la période de chauffe commence au 15 octobre, les calories accumulées le sont jusqu’en février… c’est notre première maison « sans chauffage »…. Consommation annuelle par an, hors agrément équivalent à 5 m3 de bois. Un poêle à pellets chauffe l’ensemble. Des capteurs solaires thermiques chauffent l’eau sanitaire, des photovoltaïques compensent la consommation électrique.

Auteur de projet : Eric Furnémont
Ingénieur stabilité technique spéciale : Franz Dupont
Collaborateurs : Emeric Marchal
Entrepreneurs : auto-construction, maçonnerie Crabbe, menuiserie ébénisterie Robert Marchal, menuiserie Vigneron
Situation : Rue Isidore Chabot à Warnant Dreye
Budget construction :  +-230 000 euros Htva