Habitation Tihon-Mallamaci

à Atrin (Clavier)

Habitation à budget modeste construite au cœur du hameau de Atrin. Le volume principal, implanté suivant le midi solaire, est relié vers la rue à la trame orthogonale du bâti existant par un volume annexe parallèle à la voirie. Sur l’autre face, il s’ouvre sur le jardin par une grande baie vitrée et comporte trois niveaux qui le font dialoguer dans le paysage avec les imposants volumes condruziens voisins. Le volume annexe et le mur à rue participent tout à la fois de la transition, de l’accueil et de la séparation avec l’extérieur et le monde.

Pièces de vie au rez, bureaux à l’étage en mezzanine, chambres au deuxième sont reliés par un escalier vertical à deux volées. L’entrée et l’annexe sont placées à un niveau intermédiaire.

L’ensemble de la construction est recouverte de bardages en planches et en ardoises de cèdre, châssis en bois, soubassement en cimentage teinté, le mur à rue est prévu en pierres du pays. L’entièreté des parois intérieures est traitée en argile.

« Pour aller à Clavier, il faut prendre la route de Charlemagne.

Il faut chercher les ponts qui enjambent les cours d’eau, contourner les bois, ne pas louper les auberges; il faut faire le plein à 1’avance, prendre son temps, ne pas s’énerver.

La commune de Clavier est située dans le Condroz, une belle région tranquille qui fait la transition entre l’Ardenne et la Hesbaye: De l’une, elle a gardé une vocation essentiellement agricole, mais moins tournée vers les cultures intensives. Ici ce sont les vaches qui règnent dans les prés. De l’autre, elle a déjà le calme, les  étendues dépeuplées, les arbres, les collines, l’odeur.

Les anciens villages sont en pierre du pays.

Les gens qui vivent à Clavier sont jeunes – de nouveaux habitants qui y débarquent avec leurs enfants en bas âge à la recherche d’air pur – ou vieux – les “anciens’, qui ont toujours vécu là, dépositaires de la mémoire de la terre, qui accueillent les autres avec gentillesse.

A Clavier, tout le monde se dit bonjour.

Les commerces sont rares, il vaut mieux remplir son garde-manger à l’avance, et savoir cuire son pain.

Il y a quatre écoles pour les enfants et beaucoup de chemins champêtres pour rouler à vélo. Quand on s’y arrête, on est surpris par le silence, que l’on écoute attentivement, que l’on déguste, comme un fruit trop rare.

On respire aussi l’odeur de la nature, de la terre, de la pluie, Et la lumière du soleil envahit les corps donne des couleurs aux visages.

Puis il y a le vent, fort, fréquent, un vent qui ressemble à celui de la mer, pas si lointaine, un rien plus doux, qui aère et allège les esprits, rend la vie plus légère et plus forte.

Dans un hameau de Clavier qui s’appelle Atrin, existe une nouvelle maison qui ressemble À une grosse cabane en bois qui aurait été construite autour d’un arbre, un vieux poirier comme celui qui se trouve dans le jardin et qui donne encore chaque été des Durandeau. C’est une cabane avec une carapace en bois, ouverte vers le soleil, qui a la forme d’une tulipe, ou celle d’un verre à vin, au choix. Il y a trois étages dans la cabane. Celui qui se trouve au niveau du sol comprend l’endroit où l’on mange, le foyer avec feu de bois, la table, le divan, l’étagère aux disques. Au niveau intermédiaire, en mezzanine, se situent les bureaux où l’on écrit, on joue, avec bientôt le piano, des jouets, la bibliothèque. Perchées au-dessus, deux chambres.

A chaque niveau, de belles baies ouvrent des perspectives sur la campagne environnante. Il y a beaucoup de lumière, mais la cabane peut se refermer sur elle-même si c’est nécessaire. Alors elle se transforme en chouette, qui ne dort que d’un œil.

La salle de bains et la buanderie forment un espace secondaire, comme encastré: dans l’autre, et offre une adroite liaison urbanistique avec les maisons voisines, aux formes plus classiques. Oeuvre d’architecture organique conçue par Eric, la maison de Katy, Bernard et Elisa se dresse fièrement face au vent. Elle attend ses habitants, partis à la recherche de quelques pierres du pays pour garnir le mur de façade à rue.

Quatre vieilles oies espèrent le retour d’Elisa pour recevoir un reste de pain.

Le jardin est dans l’expectative, objet de tous les rêves, rempli de minéraux et de protéines, prêt à faire pousser fleurs, herbes et légumes. A côté, deux vaches broutent inlassablement la prairie, sans prêter trop d’attention au gros champignon qui est sorti de terre.

Il faudra couper du bois pour l’hiver, faire sécher poissons et jambon, congeler les légumes. La nuit dans son lit, on voit les étoiles.

Quelque chose est là, qui n’y était pas, a pris place et dialogue, amicalement, avec les autres énergies.

(Pour Eric, de la part de Katy, Bernard et Elisa) »

Auteur de projet : Eric Furnémont
Ingénieur stabilité technique spéciale :
Collaborateurs : Fréderic Delvaux
Entrepreneurs :
Situation : Atrin- Clavier
Budget construction :