La terre habitée

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La destruction dramatique de l’environnement est chaque jour plus alarmante. Nous y assistons chacun, pour une grande part, de manière impuissante. On ne peut plus faire la liste des catastrophes écologiques que l’être humain, au cours de son évolution, laissera derrière lui. En deux siècles, l’industrialisation du monde a détruit les structures écologiques de la biosphère, pulvérisé les milieux de vie de tous les êtres vivants, et soumis l’ensemble de la planète à son désir effréné de production.

Cette décomposition des chaînes de relations complexes que sont les écosystèmes ne sont pourtant que la partie visible de modes de relation au monde profondément destructeurs, ancrés dans l’attitude et la pensée de tout l’occident.

Bâtis depuis plusieurs millénaires (depuis la “volonté de faire science”) sur un socle épistémologique positiviste, les modèles comportementaux d’une mondialisation aveugle se sont étendus à la terre entière, aux mers, aux océans, à l’air, et ont envahi tous les peuples.

En outre, depuis deux siècles, cette industrialisation s’est aussi attaquée aux structures sociales occidentales mêmes, décomposant lentement ce qui faisait l’essentiel des vies humaines : une vie de relation, une écologie sociale, un tissu de soins prodigués, et qui constituait le milieu dans lequel les êtres humains pouvaient se développer.

Plus dramatiquement encore, cette industrialisation depuis le début du siècle s’est attaquée très consciemment à la culture. À travers la médiatisation de tous les vécus, l’industrialisation de la culture est en passe de réussir son objectif : l’anesthésie de ses sujets. À travers la production massive des films, musiques, images surcodées, stéréotypées, l’objectif visé et avoué de cette entreprise de domination est la conscience individuelle : la fabrication industrielle d’individus les plus isolés par cela même à travers quoi ils voient le monde : un écran. Ils deviennent alors les consommateurs les plus dociles et les plus heureux, afin que s’étende sans aucune question la grande machine : la machine à consommer.

Six mètres de montée des eaux en 2050, soit un milliard de réfugiés climatiques. Un tiers de la population du globe confrontés (pour ne pas dire décimés) par la sécheresse.

Che fare ? Les bouleversements sociaux et culturels auxquels nous aurons à faire face nous atteindront sûrement avec une acuité et une exigence encore plus grandes que les défis environnementaux.

Pas d’espace sans temps

L’espace vide et abstrait, tel que théorisé définitivement par la géométrie cartésienne, pourrait bien apparaître aujourd’hui comme l’outil le plus efficace de la domination du capitalisme culturel et comme l’instrument de son entreprise d’uniformisation. Et le désastre de ne pas concerner uniquement la biosphère, la décomposition des structures sociales ou l’idée même de culture, mais les structures mêmes de ce qui commence à apparaître en creux à travers sa disparition même. Il pourrait atteindre au cœur ce que Françoise Choay a appelé notre compétence d’édifier : dimension anthropologique aussi fondamentale que le langage, faculté humaine de transformer, chaque fois localement, la Terre en Monde, d’y naître, de le façonner, d’y vivre, de le pratiquer, de le transmettre.

L’espace humain est un espace habité, habité d’usages, de pratiques et de savoir-faire. Ces savoir-faire, à bien y regarder aujourd’hui proprement inouïs, se transmettaient de génération en génération. Construisant et reconstruisant sans cesse le monde, ils assuraient une profonde cohésion sociale, une véritable reconnaissance d’une mémoire commune, humaine.

L’espace humain n’est pas seulement un écosystème : il est fondamentalement un espace tissé de mémoire. Il n’est pas seulement rempli à ras bord de temps, il est rempli de temps vécu. Espace des gestes des êtres humains passés avant nous sur la terre, lieux construits par ceux-là aujourd’hui morts, que nous habitons à notre tour.

Cette mémoire commune, inscrite dans tous les objets et tous les habitats des hommes, constituait le monde : le mi-lieu de vie des êtres. Et l’espace bâti, traversant les générations, et se renouvelant sans cesse, assurait la permanence de cette reconnaissance.

Espace, anthropogenèse et esthétique

L’exposition veut mettre en lumière la dimension fondamentalement anthropologique de l’espace, à travers l’œuvre de l’architecte Lucien Kroll, et la démarche de l’artiste-pédagogue Jean-François Pirson.

Toutes deux révèlent, chacune à leur manière, que l’espace n’est pas ce contenant vide dans lequel se situent des objets et que manipulent des sujets. Il est ce qu’Augustin Berque appela un écoumène. Un milieu de vie tissé de temps, un espace technique toujours symbolique, qui est le lieu de notre apprentissage d’être humain sur la terre.

Ce milieu humain, socle de notre constitution d’humain en tant qu’humain, est dès lors immédiatement un milieu social, politique, culturel. Il est traversé de structures de reconnaissance, du possible de la rencontre, d’espaces de liberté et de parole. Dans ses espaces de rencontre, dans ses interstices entre le corps et le monde, dans ses multiplicités toujours locales, dans ses diversités de climats, d’histoire et de culture, dans son infinie richesse d’adaptations toujours renouvelées, l’espace humain est fondé sur ce que Jean-François Pirson appelle des valeurs d’usage. Il se tisse dans ce que Lucien Kroll appelle une écologie sociale, politique, psychologique et culturelle. Il n’existe qu’à travers la multiplicité de ses aspects, dans la diversité des comportements, que tout à la fois il accueille et façonne.

Le cheminement et l’Autre

Et c’est à travers cette multiplicité que se dévoile la dimension anthropologique de l’espace. Sédiment des gestes et des choix des communautés qui nous précédèrent, les diversités culturelles (qui sont autant de pratiques et de possibles des corps, tout à la fois) se signent par cette faculté universelle de l’anthropos à façonner son monde et sa culture. Ces diversités culturelles manifestent à la fois de l’irréductibilité de notre culture à sa spatialité, l’essence vitale de son ancrage sur Terre, et surtout la permanence toujours différenciée de cette faculté à travers les époques et les cultures. Toujours locales. Toujours différenciées.

Dès lors, construire des espaces humains ne peut se faire sans questionner son altérité fondamentale. Un lieu n’est pas une propriété : il est toujours de l’Autre, tissé de cette altérité, de cette présence toujours actuelle et toujours virtuelle de l’Autre. L’espace devient lieu à travers la considération pour autrui.

La démarche de Jean-François Pirson met en lumière cette présence : arpentant des lieux, depuis son appartement, sa rue, ses ateliers pédagogiques, les plateaux de Mongolie ou les villes du Moyen-orient, Jean-François Pirson photographie et note inlassablement l’irréductibilité des pratiques spatiales à une industrialisation brutale et sans scrupules. Ses photographies montrent ce que l’espace garde en lui de vitalité insoumise au cœur de la mondialisation.

Parfois même, ces architectures du désastre, mais vivantes, que Jean-François Pirson photographie avec amour, peuvent apparaître en lien avec une méthodologie en apparence chaotique mais très organisée qui génère des espaces tendus d’histoire dans l’œuvre de Lucien Kroll.

L’Autre et le Temps

Cette altérité est inscrite au plus profond dans une volonté d’aviver la dimension temporelle de l’espace. Il y va pour nous, dans ces deux démarches qui procèdent en apparence de directions opposées, d’une même recherche du sens. “Ecrire l’espace supposerait d’écrire le temps conjointement, car l’expérience de l’un est indissociable de celle de l’autre” 1. Cette temporalité irréductible de l’espace, temporalité que Jean-François Pirson pratique en marchant, en photographiant, en dessinant, s’inscrit aussi dans la démarche esthétique de Lucien Kroll, en ce qu’il met en place, par sa méthodologie même (elle-même fondée plus en avant sur un questionnement profondément humain et politique), la possibilité pour les habitants de renouer avec la construction de leur propre espace.

Le coeur du temps humain est d’abord celui d’une esthétique politique.

Vivre ensemble : L’usage et le rythme

Cette valeur d’usage, volontairement écartée par les planifications dures, par les systèmes d’exploitation de l’espace et les systèmes de production industrielle du capital, ne peut être retrouvée que par des praxis. Pratiques du corps, du corps engagé consciemment dans l’expérience, indissociablement liée au corps de l’Autre.

Lucien Kroll et Jean-François Pirson ont en commun de se mouiller, d’investir leur vie et leur corps dans l’expérience, de chercher, pour l’un, à faire en sorte que chaque habitant retrouve et se réapproprie son propre espace et sa dignité à travers le processus créatif, pour l’autre, que sa démarche aide, à titre d’exemple, à renouer avec cette faculté d’appropriation élémentaire et fondamentale, aujourd’hui menacée.

Ces deux œuvres parlent des valeurs d’usage en regard de la planification généralisée (les espaces vivants sont des espaces pratiqués), la profondeur du temps inscrite dans nos lieux devant la spéculation et le profit, la dimension humaine de notre habiter-sur-la-terre, cette part irréductible de notre appartenance commune qui en constitue le mystère et la saveur.

S’y dessinent alors toujours des rythmes plutôt que des formes, et l’échec visible des mécanismes de domination que prétend mettre en place la société de contrôle : ou plutôt des formes qui sont toujours, dès le premier regard, des tissus de relations. Multiples, enchevêtrées, inscrites : des rythmes. Qui disent, parlent, et chantent parfois.

Ordres et désordres

Dans les lieux choro-graphiés par Jean-François Pirson, transparaît la Vie de l’espace, et son irréductibilité aux tentatives d’ordonnancement de l’industrialisation. Au cœur d’un désastre qu’il montre planétaire, sourd cette Vie qui toujours nous interpelle : derrière l’ordonnance des planifications du mouvement moderne, cette grande tentative de banalisation de nos lieux de vie, Jean-François Pirson ne montre pas une œuvre : il œuvre lui-même à une transmission de notre appartenance corporelle à la Terre en tant que monde fini, et seul lieu de la vie.

Lucien Kroll, dans son engagement éthique et sa méthode de travail, génère des espaces qui semblent, après quelques années, déjà investis d’un temps immémorial. Il montre lui aussi par sa pratique qu’il est possible de se positionner en tant qu’intermédiaire sensible : réceptacle de l’Autre dans sa différence, vecteur du possible des existences multiples, des différences, des cultures des hommes.

Rien de cela ne va dès lors sans assumer des contradictions, autant dire des tensions issues de rapports. Transmettre une esthétique signifie alors intégrer, au plus profond, les dimensions ancestrales de notre spatialité, pratiquées jusqu’il y a peu sans conscience, pour tenter de retrouver ces liens qui fondaient notre existence : ces lieux qui nous relient à l’Autre, à notre appartenance commune et pourtant toujours locale d’être humain.

Cette question de l’usage, qui est au fond la question de la valeur (une valeur radicalement opposée à la pseudo équivalence des valeurs du système de la production industrielle capitaliste) renvoie à une vision matricielle de la Terre habitée, habitée de manière toujours particulière, locale, précise, mais toujours par essence partageable. L’espace de cette Terre, devenue Lieu, est ce que nous avons en partage.

Regarder-Ecouter

Il convient alors de re-garder, et d’être à l’écoute. Au cœur d’un navire qui semble parfois sombrer, être à l’écoute reste le lien de et vers ce nulle part, envers cet ingouvernable, que seuls nous avons à relancer sans cesse. Regard et écoute s’enregistrent et se nourrissent mutuellement d’une ouverture, dons d’un possible. C’est à travers celle-ci que “cela” passe, d’un regard en écoute, d’une écoute qui regarde, considère, s’efface, et dès lors existe. Il faut, comme dit Deleuze, beaucoup de temps pour oser parler en son nom personnel : parce que cela n’existe vraiment que lorsque nous sommes flux et relation entre forces. Lien.

Corps et engagement

Qu’elle enregistre “choro-graphiquement”, comme il la définit lui-même, les traces et la puissance de la vie inscrite dans l’espace, la méthode sensible de Jean-François Pirson passe par l’investissement de son propre corps dans la perception de ces dimensions. Qu’elle cherche inlassablement aussi à ouvrir la constitution des espaces à la participation des habitants, la méthodologie de Lucien Kroll se fonde sur un même souci de réappropriation.

Voilà dès lors des œuvres qui parlent aussi de l’engagement. Engagées dans l’expérience d’une spatialité toujours inscrite dans le temps, elles sont fondamentalement processus. Loin de proposer une lecture figée de l’espace et de notre spatialité, elles interrogent le processus dans l’expérience, au cœur même du processus.

Écriture

De même qu’une esthétique consciente de son altérité fondamentale ne va pas sans engagement personnel, les textes de Lucien Kroll et de Jean-François Pirson transmettent une esthétique qui se constitue aussi dans un rapport à l’écriture et à la poésie. Comme si l’engagement n’allait pas sans distance, sans la nécessité pour ces pratiques de se distancier malgré tout, de se ré-ancrer sans cesse dans un rapport à l’écrit et à la conscience qui ne se fonde que pour autant qu’il s’exerce à s’en extraire. Pour mieux s’y replonger à chaque fois, mieux nous aider sur le cheminement qui est le nôtre.

L’indéterminé

Les liens sont nombreux entre ces deux œuvres.

“Il n’est plus temps de fabriquer des objets mais de «laisser se créer» des lieux, des milieux, des paysages, des continuités, des diversités, des mouvements, des complicités, des œcuménismes, des perméabilités, des banalités, des échelles d’intervention de «grandeur conforme», … des solidarités des parties entre elles, des coopérations empathiques…” 2. Devant la grande entreprise d’uniformisation du mouvement moderne, avec toutes les dimensions politiques que cette volonté d’uni-forme comporte, l’œuvre de Lucien Kroll réalise une irréductible diversité complètement opposée à l’esthétique architecturale dominante.

Si cette diversité est visible immédiatement, si la temporalité inscrite dans les espaces qu’il construit l’est tout autant, approfondir les dimensions de la méthode ne relève pas de l’évidence, précisément parce qu’il ne s’agit pas d’évidences (cet immémorial privilège du visible, de la forme et de l’inerte), et que le travail de Lucien Kroll est le fruit d’une méthode qui ne consiste pas à projeter ses phantasmes sur le monde et à obliger les autres à vivre dedans.

La difficulté est réelle de présenter l’espace humain, justement et précisément parce qu’il n’est pas, et ne sera jamais, une représentation. Il fallait donc éviter de présenter des concepts. La méthode facile consistant à repérer les “concepts” clés et les obsessions créatrices du “créateur” (l’idéologie de l’individu isolé est tenace, et, même si cela semble contradictoire, va avec les uniformes), de les isoler, puis de présenter des projets à l’image de ceux-ci. On l’aura compris, cela n’était pas seulement impossible, cela aurait été l’inverse de ce que nous désirions.

Il restait alors la difficile tâche à montrer l’hétérogenèse pratiquée consciemment par Lucien Kroll dans ses architectures, sa volonté opiniâtre de réhabilitation, les dimensions écologiques essentielles de son travail, la dimension politique de son attitude. L’hétérogenèse et la complexité ne se représentent pas. Elles se vivent, et se pratiquent. La question urgente de l’écologie et des ressources trouve dans les méthodes participatives qui président à sa pratique les dimensions multiples et enchevêtrées d’une écosophie appliquée.

Les jardins de Simone Kroll, jardin de leur maison de Bruxelles et d’Ardèche, parlent eux-mêmes de la même chose : leur volonté de “déhomogénéiser” est tout aussi visible, l’entente des différences croît dans la lumière.

“Indéterminé, informe, sauvage, créatif, incontrôlé, contagieux…” sont les mots employés par Jean-François Pirson pour évoquer (sans cerner) ce qu’il appelle le Vague.

Comme dans les méthodes participatives développées par Lucien Kroll, Jean-François Pirson montre que c’est l’existence de l’indéterminé qui permet le questionnement.

L’existence irréductible de bidonvilles, lieux rescapés au creux desquels peuvent encore se constituer des imaginaires, montre à l’envi l’échec de la tentative de contrôle, de maîtrise et de lissage de l’urbanisme moderne. La planification urbaine, écartant volontairement les espaces de rencontre, ne proposant plus que du lisse et du froid. Mais les espaces de rencontre se planifient-ils ?

À Damas ou à Ans, cet indéterminé, en voie de disparition, n’en n’apparaît pas moins comme un irréductible. Le terrain vague est un archétype, comme il le souligne. En lui se niche “le plein, de vie, de possibles imaginaires, de chemins hasardeux, de rencontres fortuites” 3, et son œuvre montre à la fois le grand lissage des politiques urbaines (et par conséquent des comportements), leur relation avec le pouvoir, et la résistance fragile mais essentielle des humains à cette entreprise de contrôle.

Éthique, Esthétique et Politique

Si ces images sont toujours sensibles, si ces lieux arrêtés sur deux dimensions nous interpellent, c’est qu’ils portent, au-delà de leur propos, de leurs constats et de leur engagement propre, une dimension centrale profondément éthique, et politique. C’est que, toujours différents, toujours différenciés, les lieux que Jean-François Pirson visite et que Lucien Kroll construit, parlent de notre appartenance commune à cette terre que nous avons en partage, de l’urgence d’un retournement de notre regard, de la nécessité d’autres attitudes et d’autres ouverts.

La dimension poétique de l’architecture de Lucien Kroll tient à sa méthode et à son engagement qui est politique, au sens le plus profond du mot : questionnant par son attitude même une reconnaissance commune qui ne peut passer que par le partage sensible de l’expérience. C’est à travers la participation que se construisent les espaces, parce qu’il en a toujours été ainsi depuis l’aube des temps, et que l’éclipse que devra être la modernité n’occultera pas.

En miroir, la dimension critique et politique du travail poétique de Jean François Pirson tient elle aussi à sa méthode, dans le sens premier.

Le moyen poétique de “lier sa vie à l’étendue de notre humanité” 4 révèle dans sa démarche son acuité et son essence politique : l’espace de la Terre doit-il inexorablement devenir le lieu de l’exclusion, de la domination et du profit ?

Aussi, en ces temps de plus en plus mobiles et de plus en plus étroits, au cœur des tentatives d’uniformisation des êtres et des pratiques, l’espace, à travers eux, continue de parler. De transmettre un espoir d’une résistance, fondée sur la reconnaissance de notre appartenance à cet espace de vie fini : l’avoir-lieu de la Terre des hommes.

L’espace de la terre est le lieu infiniment différencié de notre appartenance à elle. Rendre possible cet avoir-lieu ne pourra se faire qu’à travers le partage retrouvé de cette appartenance commune. Et c’est cet espoir que nous avons aujourd’hui de plus précieux.

Eric Furnémont

1 J.F. Pirson, Dessine moi un voyage, La Lettre Volée, Bruxelles, 2006, p.28
2 Lucien Kroll, texte pour l’exposition
3 J.F. Pirson, Terrain Vague, Façon de Voir, Lège, 2008
4 J.F. Pirson, Terrain Vague, Façon de Voir, Lège, 2008